Cerfer : Atelier sur l'employabilité des jeunes -Metiers du rail (résumé du Rapport du général)

30 Avr 2018

Introduction

Les Chefs d'Etats et de Gouvernements des pays du Conseil de l'Entente ont manifesté leur volonté d'anticiper le renforcement des capacités des jeunes en vue de satisfaire les besoins futurs en qualité et en quantité des ressources humaines destinées à la construction, à l'exploitation et à la maintenance des multiples réseaux de chemin de fer en projet et en cours de réhabilitation dans l'espace CEDEAO.

Contexte

Le Secrétariat Exécutif du Conseil de l'Entente et le Bureau International du Travail (BIT) ont décidé en 2015 de commanditer une étude en appui à la réforme du Centre Régional de Formation pour l'Entretien Routier (CERFER) de Lomé dans le but de répondre à la demande d'emplois relative à la mise en œuvre du projet de la boucle ferroviaire Abidjan-Ouagadougou-Niamey-Cotonou. A cet égard, le CERFER, en partenariat avec le BIT, a organisé du 10 au 13 avril 2018 à Lomé un atelier régional sur l'amélioration de l'employabilité des jeunes dans les métiers du rail.

Objectifs

L'atelier vise à contribuer à la mise en œuvre du plan de développement stratégique du CERFER (2016-2026) afin de renforcer les capacités de ce centre pour alimenter les curricula de formation ferroviaire dans le sens de la promotion de l'agenda du travail décent dans les formations des métiers du rail.

Déroulement de la réunion des experts

110 experts des pays membres du Conseil de l'Entente (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Niger et Togo), du BIT, de la Banque Africaine de Développement (BAD), de l'UIC, de l'UAC et ceux des pays invités : Allemagne, Mali, Maroc, Sénégal ont participé à cet atelier.

Les participants ont suivi cinq (5) communications en plénières et travaillé en quatre (4) ateliers.

Les communications ont porté sur :

1- Etude de renforcement de l'employabilité des jeunes dans les métiers du rail dans le contexte de la Boucle ferroviaire du Conseil de l'Entente ;

2- Employabilité à l'heure des changements démographiques : les perspectives pour le secteur ferroviaire dans l'espace UEMOA ;

3- Projets structurant à l'ONCF : retombées en termes de création d'emploi et transfert des compétences ;

4- Transport ferroviaire en Afrique : Etat des lieux, perspectives et coopération Internationale avec focus sur l'expérience Marocaine ;

5- Organisation du transport par ''traffiQ'' en Allemagne : Relation avec les PME, les Ressources Humaines, le Financement, etc.

Au titre des ateliers, les thématiques suivantes ont fait l'objet de réflexion :

1- Opportunités et les contraintes de développement des métiers du rail en Afrique de l'ouest ;

2- Rôle des secteurs privés dans le développement du rail en Afrique de l'ouest ;

3- Formations, emplois : quels sont les besoins en renforcement de capacités dans le secteur ferroviaire en Afrique de l'ouest ;

4- Opportunités de partenariats pour le financement du secteur des rails.

Après trois jours de travaux, les experts ont formulé dix-sept recommandations dont la teneur suit :

1. Mettre en place un cadre de formation adéquat des formateurs et des jeunes aux métiers des rails dans tous les pays ;

2. Inciter les acteurs du réseau ferroviaire africain à participer activement aux différentes réunions et manifestations régionales organisées par l'Union Internationale du Chemin de Fer (UIC Afrique) et de l'Union Africaine du Chemin de Fer (UAC) à travers leurs plans d'actions annuels ;

3. Promouvoir le développement de l'expertise ferroviaire à travers la coopération sud-sud et le transfert de technologies ;

4. Recenser les différentes filières et métiers du secteur ferroviaire et établir une priorité en matière de formation ;

5. Faire le choix d'un modèle économique approprié pour sécuriser les investissements du secteur privé : l'action à mener est d'adapter les solutions de financements adéquats aux différents modèles d'entreprises ferroviaires ;

6. Impliquer les professionnels des métiers ferroviaires et affiner au mieux le dispositif de transfert de compétences entre les générations à travers l'élaboration d'un répertoire des anciens cadres du secteur ;

7. Formaliser l'engagement des États du Conseil de l'Entente en appui avec les partenaires au développement et le secteur privé dans le financement de la formation ferroviaire ;

8. Engager une étude détaillée sur les opportunités d'emplois à générer par la Boucle Ferroviaire en faisant la distinction entre les impacts directs, indirects et induits ;

9. Analyser les gaps de compétences de façon à prioriser les filières de formation et choisir la méthode de formation la plus adéquate à court terme ;

10. Consolider et élargir les opportunités d'emplois générés en accompagnant les PME locales à l'approvisionnement en matériaux, la fourniture de matériels techniques ainsi que la réalisation des travaux et des activités de densification (mines, agriculture, ...) ;
11. Mettre en place un Comité Régional de Pilotage de la Formation Professionnelle aux métiers du rail et de la formation continue en accord avec tous les partenaires impliqués (Ministères des Transports, Ministères des infrastructures, Ministères de la formation technique, Sociétés de Gestion du Patrimoine Ferroviaire, Exploitants ferroviaires, CERFER, Acteurs sociaux, etc.) ;

12. Harmoniser les curricula de formation aux métiers du rail ;

13. Soutenir le Centre Régional de Formation pour Entretien Routier (CERFER) dans son ambition d'être un Centre de Formation aux Métiers du Chemin de Fer à vocation régionale tout en encourageant des complémentarités avec les autres structures de formation ferroviaire d'Afrique ;

14. Mettre en place un partenariat avec les organismes de financement de la Boucle ferroviaire, un fonds de formation ferroviaire constitué principalement des investissements privés et publics affectés aux travaux de construction, modernisation ou réhabilitation du réseau de la Boucle ferroviaire ;

15. Mandater le Bureau International du Travail pour la réalisation d'études d'impacts
de la Boucle Ferroviaire sur l'emploi et en mettant en exergue l'impact des investissements sur l'emploi des jeunes ;

16. Mener des négociations en vue du financement des projets ferroviaires en mettant l'accent sur des modalités de financement favorables à l'emploi des jeunes dans les phases de réalisation, d'exploitation et de maintenance des réseaux ;

17. Impliquer le secteur privé dans la gouvernance du CERFER en vue de faciliter les stages en entreprises, la validation les contenus des formations, l'instauration d'un dialogue avec les professionnels des secteurs concernés et mobiliser le financement des stagiaires.

Conclusion

Les pays du Conseil de l'Entente constatent le déficit en matière de formation dans les métiers du rail. Pour combler ce vide et répondre à la demande d'emploi relative à la mise en œuvre du projet de la Boucle ferroviaire Abidjan-Ouagadougou-Niamey-Cotonou-Lomé, il urge pour les Etats membres de mener des actions dans une approche concertée pour définir les voies et moyens pouvant favoriser la mise en place d'un système de formation spécifique aux métiers du rail.

Fait à Lomé, le 13 avril 2018

Le Rapporteur

Le Président de séance

Idrissa Alfred ZANPOU

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