huber magaHubert Maga (né le 10 août 1916 à Parakou et mort le 8 mai 2000 à Cotonou) est un homme politique béninois, président de la République du Dahomey (premier nom du Bénin indépendant) de 1960 à 1963 et de 1970 à 1972.

 

Jeunesse

Né le 10 août 1916 à Parakou, Hubert Maga a vraisemblablement fréquenté l'école coranique de la ville avant d'y faire ses études primaires qu'il poursuit à partir de 1926 à Bohicon, où il a pour enseignant Émile Bodé Zinsou, et à Abomey, où il obtient le Certificat d'étude primaire. Il intègre alors l'École primaire supérieure de Porto-Novo avant d'entrer à l'École normale William Ponty en 1933. Les quatre années d'école normale lui permettent de rencontrer à Porto-Novo, où a lieu la première année d'enseignement, le Nigérien Hamani Diori et, à Gorée au cours des trois années suivantes, le Soudanais Modibo Keïta avec lequel il se lie. Ces années sénégalaises sont aussi l'occasion d'une conversion au catholicisme, peut-être liée à sa rencontre avec sa future femme, une Dahoméenne issue d'une importante famille de « Brésiliens » de la côte. Major de la promotion dahoméenne à sa sortie de Ponty, Hubert Maga est le troisième instituteur dahoméen originaire du Nord. Il est d'abord nommé à Bembéréké (à une centaine de kilomètres au nord de Parakou), puis à l'école primaire de Natitingou qu'il dirige à partir de 1945...

Entrée dans la vie politique

Toutefois, lors des élections locales de 1946-1947, Hubert Maga se présente au deuxième collège sur la liste de l'UPD, non dans la circonscription de Parakou mais dans la sixième circonscription réunissant les cercles de Kandi et de Natitingou. Les documents font défauts quant à son adhésion à l'UPD et au mode d'élaboration des listes électorales, mais il est vraisemblable que l'UPD ait été confronté à une carence de candidats offrant un niveau scolaire minimum dans deux cercles où les infrastructures scolaires étaient insuffisantes. Cela explique l'élection de Hubert Maga à Natitingou et, plus étonnant encore, celle du porto-novien Michel Ahouanmenou sur la même liste. L'implantation réussie de Hubert Maga à Natitingou – et qui se vérifiera aux élections locales de 1952 et de 1957 – doit sans aucun doute à la reconnaissance de son action scolaire dans cette région, mais elle éclaire de fait une constante critique de ses origines filiales qui lui interdit tout espoir de candidature à Parakou, dont il est pourtant originaire...

Un parti pan-nordiste : le Groupement ethnique du Nord

Il faut cependant attendre les élections législatives du 17 juin 1951 pour que la rupture soit effective. L'obtention d'un second siège au Palais Bourbon pour la circonscription du Dahomey est alors considérée, par Hubert Maga et ses partisans, comme l'occasion donnée à l'UPD de démontrer son attachement aux intérêts du Nord par la désignation de Maga sur la liste du parti. Le refus des instances dirigeantes de l'UPD, qui choisissent Émile Zinsou et Sourou Migan Apithy, provoque le départ de Hubert Maga et de nombreux militants originaires du Nord. Cette scission apparaît comme inéluctable pour Hubert Maga qui, dans le cas contraire aurait pris le risque de voir fortement contesté son autorité sur les autres élus du Nord. Mais le pari considérant qu'un scrutin législatif se joue davantage sur la personnalité des candidats que sur le parrainage d'un parti politique est des plus risqué. Et même si dans les mois qui suivent, le départ de Sourou Migan Apithy de l'UPD résulte d'une analyse similaire, le député du Dahomey a pour lui une popularité sans nulle égale parmi le personnel politique dahoméen.
La réussite de la liste conduite par Hubert Maga, avec pour colistier le médecin africain René Deroux, n'a pu être possible que par le recueil d'une très large majorité des voix dans le Nord et par de fortes divisions politiques dans le Sud. En effet, au vu de la chance que constituait cette élection, l'union de l'ensemble du personnel politique du Nord s'est réalisée sans difficulté autour d'Hubert Maga et au sein d'une nouvelle formation au nom des plus évocateur : le Groupement ethnique du Nord (GEN). Mais, la liste Maga/Deroux a aussi bénéficié de la multiplication de listes électorales aux réserves potentielles de voix identiques...

Une personnalité devenue incontournable

L'échec de la manœuvre d'Apithy et la relative facilité avec laquelle le dirigeant du MDD retrouve son siège au Palais-Bourbon paraissent laisser le champ libre à Hubert Maga qui, grâce aux voix de l'UDD, est élu à la présidence de l'Assemblée territoriale lors du renouvellement du Bureau le 17 avril 1956. Émile Derlin Zinsou, qui dans un premier temps convoite la présidence de l'Assemblée, cède d'autant plus facilement que l'UDD s'enfonce dans une crise interne sur la question de l'affiliation au RDA et qu'il tient à « ne pas donner lieu à des interprétations malveillantes de son geste vis-à-vis de l'UDD »
Mais les élections locales du 31 mars 1957 et la très large victoire du PRD, qui obtient seul la majorité des sièges, vident de sa substance l'alliance entre le MDD et l'UDD, d'autant que les résultats de ce dernier sont catastrophiques. Le bilan du MDD apparaît lui aussi comme très mitigé dans la mesure où le renforcement de sa présence au sein de la nouvelle assemblée résulte en grande partie des succès remportés par deux listes dissidentes du MDD : celle de Jeunesse et Progrès, qui obtient les deux sièges de la circonscription de Parakou, et celle des Indépendants des partis politiques qui remportent les quatre sièges de la circonscription de Djougou. La stratégie d'alliance avec l'UDD est un échec, ne permettant pas au MDD de jouer un rôle d'arbitre sur la scène politique dahoméenne et contraint Hubert Maga à entreprendre l'union d'une scène politique nordiste en voie d'éclatement...

Lire la suite sur Wikipedia