Entretien avec le Pr Vincent Duchaussy 2

Quelle a été votre formation avant d’entrer à la BCEAO ?

J’ai fréquenté le Lycée Technique d’Abidjan-Cocody. J’étais en section Technique Commerciale option comptabilité.

J’en suis sorti avec les diplômes de l’époque : le Brevet d’Enseignement Commercial, option Comptabilité ; le Brevet Supérieur d’Enseignement Commercial option Comptabilité ; le Brevet de Technicien Supérieur de Comptabilité et Gestion d’Entreprise (Académie de Paris).

Une fois à la BCEAO, j’ai poursuivi mes études sanctionnées par la Licence ès Sciences Economiques (le régime de 4 ans) à l’Université d’Abidjan Faculté de Droit et des Sciences Economiques ; le Diplôme d’Etudes Comptables Supérieures préparé à l’Institut National des Techniques Economiques et Comptables du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris ; l’Attestation de Participation au Cours d’Analyse et Politique Financières de l’Institut du FMI à Washington DC ; le Diplôme d’Etudes Supérieures de Sciences Economiques  (DES) option Monnaie, Analyse et Politique Economiques à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne ; le Doctorat d’Etat ès Sciences Economiques Mention Très Bien avec les Félicitations du Jury à l’Université de Paris-Dauphine avec la thèse « Monnaie, Intégration Monétaire et Croissance Economique en Afrique de l’Ouest » (1984) sous la direction du Pr Pascal Salin.

Je suis aussi diplômé des Cours Dale Carnegie de Parole en Public et de Relations Humaines.

 

Comment avez-vous été recruté à la BCEAO ?

Par voie de concours en 1965. Organisé dans les pays membres et à Paris, le concours était ouvert aux titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme équivalent et aux diplômés de l’enseignement supérieur. C’était la formule à l’époque.

Il comportait à l’écrit une dissertation sur un sujet d’ordre général et une épreuve de mathématiques. Les candidats admissibles étaient soumis à un long test psychotechnique et au grand oral.

Nous étions une promotion de 12 stagiaires retenus pour les sept pays de l’UMOA à l’époque (Côte d’Ivoire, Dahomey, Haute Volta, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo). Nous étions deux ivoiriens : Adoubi Assi Pierre et moi.

Nous avons suivi une formation de 2 ans au Centre d’Application Technique et Professionnel de la BCEAO (CATEP) alors à Abidjan.

C’est par hasard que j’ai découvert l’institution. Je ne la connaissais pas. Après mes diplômes du Lycée Technique, j’avais le choix entre une affectation dans l’Administration et un poste important dans une entreprise de la place.

J’étais cependant obnubilé par la poursuite de mes études jusqu’à leur terme notamment l’expertise comptable. J’étais donc à la recherche d’une bourse d’étude pour la France.

Marchant un jour dans le quartier administratif et des affaires à Abidjan, le Plateau, je suis tombé sur un bâtiment au style futuriste pour l’époque avec sur la façade l’inscription « Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest ».

Je n’avais aucune idée de ce que pouvait faire cet établissement. Mais impressionné par son allure, j’ai adressé un courrier pour demander une bourse d’étude avec, je crois, la promesse d’y travailler à la fin de mes études.

A ma grande surprise, quelques jours plus tard, j’ai reçu une réponse à ma lettre. La Banque accusait réception et m’indiquait qu’elle n’attribuait de bourse qu’à des jeunes gens admis dans son centre de formation à Abidjan et qu’un concours sera organisé dans un mois, les renseignements étant disponibles à la Banque.

Voilà comment je suis allé prendre les renseignements pour préparer et passer le concours.

 

Quelles sont les activités de la Direction des Etudes ? Comment a-t-elle évolué? Et quelles sont ses relations avec les Directions Nationales ?

La Direction des Etudes collecte les données sur les économies des pays membres, sur la Banque Centrale, les établissements de crédit, les Trésors Nationaux ; elle participe à l’établissement des balances des paiements, analyse la situation monétaire et publie un bulletin très apprécié intitulé «Notes d’information et statistiques ».

Depuis la réforme de 1973-1975, elle joue un rôle important dans la formulation de la politique monétaire de la BCEAO. Elle assiste aussi les Etats dans les négociations avec les institutions financières.

Dans les Directions Nationales, il existe un Service des Etudes qui est le correspondant de la Direction des Etudes.

 

Comment s’est passé l’africanisation des cadres de la Banque Centrale ?

Quand a–t–elle véritablement débuté ?

Lorsqu’après le stage je prenais fonction le 1er juillet 1967 à l’Agence d’Abidjan, seuls trois aînés africains avaient le statut de cadre dans cette Agence, la plus importante de l’établissement : Lamine Diabaté, Tiémoko Coulibaly, Guédé François.

Le Directeur de l’Agence, son Adjoint, les cadres, étaient tous des expatriés. Une décennie après les indépendances, la révision des accords de coopération entre les Etats africains et la France fut à l’ordre du jour au début des années 70.

C’est dans ce contexte que lors d’une visite officielle du Président Pompidou au Togo, le Général Eyadéma, dans son toast, souleva la question de la révision des accords de coopération monétaire. Il s’était forcément fait l’écho de ses pairs de l’UMOA.

L’histoire va s’accélérer dès lors avec la réforme de l’UMOA en 1973 dans le sens d’une responsabilisation des Africains dans la gestion de la BCEAO.

Sont mises en place les nouvelles instances : la Conférence des Chefs d’Etat, le   Conseil des Ministres, le Conseil d’Administration, le Gouverneur qui préside le     Conseil d’Administration, les Comités Nationaux de Crédit.

Une banque de développement, la BOAD, est créée comme réponse au reproche fait à la Banque Centrale de ne pas financer le développement.

En 1975, les Chefs d’Etat, réunis à Lomé, procèdent à la répartition des sièges des institutions et aux postes.

Ainsi, le Siège de la BCEAO a été attribué au Sénégal ; le Gouvernorat à la              Côte d’Ivoire ; le Vice-Gouvernorat au Bénin ; le Siège de la BOAD au Togo ; la Présidence au Burkina ; la Vice-Présidence au Niger.

Le Bénin n’ayant pas occupé le poste, celui-ci a été finalement attribué au Burkina. Plus tard, la présidence de la BOAD reviendra au Bénin et un autre poste de Vice-Gouverneur sera affecté au Niger.

A la suite de cette importante réunion des Chefs d’Etat, Abdoulaye Fadiga fut nommé Gouverneur de la BCEAO avec un mandat précis : le transfert du siège de Paris à Dakar et l’africanisation des cadres ; Charles Bila Kaboré (le père du Président Kaboré)     Vice-Gouverneur ; Damiba Pierre–Claver Président de la BOAD.

A Paris, le siège de la BCEAO était au 29, rue du Colisée, dans le 8ème arrondissement, non loin des Champs Elysées.

Fadiga avait la quarantaine. Il était jusque-là le Directeur Général de la Caisse de Stabilisation et de Soutien des Prix des Produits Agricoles en Côte d’Ivoire.

C’était un grand patriote africain. Arrivé à Paris, il a mis immédiatement en œuvre la feuille de route en nommant des Directeurs Centraux et des Directeurs Nationaux africains en lieu et place de l’ancienne direction. Nous avions, les Directeurs Centraux, la trentaine. C’était une grande marque de confiance. Et nous étions conscients du poids des responsabilités et des défis à relever.

Quelques agents africains ont été recrutés sur place en France. En attendant notre départ à Dakar, nous travaillions en effectifs réduits.

Aussitôt, toujours en 1975, le CATEP a été transféré d’Abidjan à Dakar, devenant le COFEB (le Centre Ouest-Africain de Formation et d’Etudes Bancaires) pour recevoir les premiers stagiaires en attendant le transfert du siège.

Ainsi le Directeur de la Formation Professionnelle, notre collègue Ousmane Mbaye Noël, a dû rejoindre Dakar avant nous.
 

En tant que Directeur des Opérations Financières, comment avez–vous géré le transfert du siège à Dakar ?

La Direction des Opérations Financières était une direction très technique chargée de trois fonctions : le service de l’émission; la gestion des avoirs extérieurs de la Banque Centrale donc les relations avec les correspondants étrangers et l’exécution des transferts des banques entre l’UMOA et l’extérieur ; la comptabilité centralisée de la Banque.

Effectivement, l’opération la plus délicate du transfert du siège était l’exécution des transferts qui nécessite célérité et sécurité.

Notre chance à tous était qu’avec ma formation et ayant servi dans cette direction depuis mon affectation au siège en 1971, je maîtrisais parfaitement ces opérations. J’ai donc pu convaincre le Gouverneur Fadiga et mes collègues qu’il n’était pas nécessaire de maintenir une unité à Paris pour exécuter les transferts. De Dakar on pouvait parfaitement le faire.

J’ai sensibilisé mes collaborateurs. Et en gagnant ce pari, nous avons contribué à la réussite de l’opération de transfert du siège de la Banque en Afrique à Dakar.

Tout ceci paraît évident aujourd’hui. Il s’agissait à l’époque de véritables défis qu’il nous fallait relever.

 

Quelle est la contribution du FMI et de la Banque Mondiale à l’africanisation ? (envoi d’experts, assistance technique, etc.)

Le FMI nous a apporté un appui décisif pour la mise en œuvre de la réforme en 1975 avec un groupe d’experts conduit par M. Tenconi, alors Directeur du Service des Banques Centrales.

Au niveau de la politique monétaire, ils nous ont initiés à la technique des concours globaux devenus les programmes monétaires.

Le Fonds a également contribué à la formation de nos cadres à l’Institut du FMI avec le cours d’Analyse et Politique Financières auquel j’ai participé en 1972, le cours sur la Balance des Paiements, etc.

 

Avez – vous participé à la création et à l’animation du COFEB ?

Tout à fait. Nous avons créé le COFEB en 1975 en Comité de Direction sous la présidence du Gouverneur Fadiga. Nous étions encore à Paris. Ousmane Mbaye Noël, nommé Directeur de la Formation, a dû nous devancer à Dakar pour accueillir les premiers stagiaires et faire fonctionner le Centre.

Après le transfert du siège à Dakar en juillet 1978, à la demande de mon collègue       Djibril Sakho, le nouveau Directeur de la Formation, j’ai donné des cours au Centre, des cours de comptabilité, d’analyse financière et sur les opérations de la BCEAO.

J’ai rédigé pour mes étudiants, des fascicules qu’on peut encore consulter au COFEB :   « La Méthodologie de la comptabilité » ; «  La Méthodologie de l’Analyse Financière » ; « La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest et le service de l’émission ».

Malgré mon agenda chargé, j’ai fait cela avec beaucoup d’enthousiasme et je suis toujours fier lorsque sur un vol, un passager m’aborde pour me saluer et se présenter : « je suis le Ministre des Finances ou le Directeur National de la BCEAO de tel pays, j’ai été votre étudiant au COFEB ». Cela fait chaud au cœur pour un enseignant.

Je me souviens, en particulier, de ce stagiaire envoyé par la Banque Centrale de Djibouti pour suivre le cours du COFEB. Dès son retour, il m’a adressé une lettre pour m’annoncer qu’il venait d’être nommé Vice-Gouverneur de la Banque Centrale.

 

Comment avez-vous vécu l’émergence de la crise de la dette en Afrique de l’Ouest dans les années 1980 ? Quelles conséquences pour les opérations de la BCEAO ?

Avec mes collègues, nous avons vécu des moments difficiles. Après le second choc pétrolier et la brève embellie du cours des matières premières, l’effondrement des cours et la rétention de la commercialisation du café et du cacao ivoiriens se sont traduits par un asséchement progressif des recettes d’exportation des pays membres donc des avoirs extérieurs de la Banque Centrale.

Or, l’une des réussites de l’Union dans ses rapports avec la partie française était de n’avoir jamais eu recours à des avances en compte d’opérations comme le prévoient les accords.

Avec l’épuisement des réserves de change, le compte d’opérations finit par être débiteur dans les années 80, entraînant une spéculation sur l’éventuelle dévaluation du Franc CFA et donc une sortie de capitaux.

Je me souviens qu’avec mon collègue le Directeur des Etudes, nous avions proposé au Conseil d’Administration de suspendre la convertibilité des billets CFA, sans succès. Cette opération viendra beaucoup plus tard, peu avant la dévaluation.

 

En tant que Ministre du Gouvernement ivoirien, participiez-vous aux réflexions sur la dévaluation ? Comment étaient anticipées les conséquences sur l’emploi notamment ?

En fait, la dévaluation n’était qu’une des mesures à prendre dans la gestion de la crise même si elle fut la plus emblématique et la plus médiatisée.

En effet, avec la mévente des productions locales, la trésorerie des Etats s’était asséchée, l’activité contractée suivie de licenciements dans les entreprises.

Les institutions de Bretton Woods et d’autres ont alors situé leurs interventions dans le cadre des Programmes d’Ajustement Structurel qui fixaient comme conditionnalités la réduction des dépenses des Etats et l’amélioration des recettes intérieures !

Il se trouve que la masse salariale constituait l’essentiel des dépenses des Etats. La réduction de ce poste de dépenses était exigée, soit par la diminution des salaires des fonctionnaires, soit par la réduction des effectifs.

Nous étions pris au piège. Comme Ministre de l’Emploi et de la Fonction Publique, j’étais directement confronté aux problèmes de l’ensemble du monde du travail aussi bien l’Administration que le secteur privé.

Dans l’Administration, nous avons dû prendre des mesures difficiles d’économies par la réduction des effectifs, la privatisation de certains secteurs, la rationalisation du fonctionnement de l’Administration, etc.

D’importantes mesures avaient été prises pour soutenir ou maintenir la création d’emplois : suppression du service minimum de 5 ans dans l’administration, requis pour les médecins, les pharmaciens, et les chirurgiens-dentistes à la fin de leurs études ; introduction de plus de flexibilité au marché du travail pour faciliter les embauches ; libéralisation du décorticage dans le secteur du café ; allégements fiscaux consentis aux opérateurs économiques, etc.

Une Politique Nationale de l’Emploi a été initiée par le Ministère avec différents programmes destinés aux différentes catégories de demandeurs d’emplois : le Programme d’Aide à l’Embauche pour les jeunes diplômés sans expérience professionnelle ; le Programme dit Programmes Spéciaux de création d’emplois pour les personnes non qualifiées ; le Programme Générateur d’Emplois Rapides destiné aux PME du secteur des travaux publics utilisant des Techniques à Haute Intensité de Main-d’Œuvre (THIMO) ; le Programme de création de microentreprises , etc.

On procédait aussi au traitement social du chômage par le versement d’une indemnité aux chômeurs aux conditions fixées par une commission comprenant les représentants du Gouvernement, des organismes sociaux, des organisations syndicales et les représentants des chômeurs.

 

Passage à la BNDA

Au cours des années 80, la crise a révélé des dysfonctionnements dans la gestion de plusieurs sociétés d’Etat et du secteur para public. C’était le cas de cette banque agricole qui avait accumulé des créances impayées sur des groupements de paysans, des sociétés du secteur agricole et une société de négoce.

A la demande du Gouvernement ivoirien, j’ai été détaché par la BCEAO pour m’en occuper. Le diagnostic indiquait la nécessité de recapitaliser cette banque pour assurer sa viabilité.

Sans trésorerie, l’Etat n’était pas en mesure de le faire.

Dans le cadre du programme d’ajustement structurel, toutes les banques du secteur public ainsi que les sociétés d’Etat furent dissoutes.

 

Retour à la BCEAO comme Contrôleur Général ; évolution de la BCEAO ?

Regard sur la gestion de la dévaluation

En effet, après ma participation au Gouvernement ivoirien de 1990 à 1993, je suis retourné au siège de la BCEAO à Dakar, n’étant pas encore atteint par la limite d’âge.

En ma double qualité de Conseiller Spécial et de Contrôleur Général et aussi avec toute l’expérience acquise en une décennie sur le terrain, j’ai pris une part active dans la marche de l’institution, conscient que nous devons préparer la relève dans les meilleures conditions possibles.

Non seulement j’avais sous ma responsabilité l’ensemble des corps de contrôle, je devais également m’impliquer dans la plupart des groupes de travail.

J’ai ainsi notamment présidé le Comité d’Experts chargé d’élaborer le Système Comptable Ouest-Africain (le SYSCOA) ; le Comité d’échange monétaire qui a introduit le Franc CFA en Guinée Bissau ; plusieurs jurys de concours d’entrée à la BCEAO.

Comme Secrétaire Permanent du Comité Historique, j’ai travaillé, avec une équipe d’historiens et de cadres de la BCEAO, à la rédaction pendant 4 ans de l’ouvrage « Histoire de l’Union Monétaire Ouest-Africaine » en 3 tomes de 2000 pages publié aux Editions Israël, Paris.

La gestion de la dévaluation a été rigoureuse. Chaque semaine, nous nous réunissions pour suivre l’évolution des prix dans la Zone. Après une flambée au départ, les prix sont revenus progressivement à un niveau normal.

Lorsque j’ai quitté définitivement les services de la BCEAO en décembre 1999, j’ai eu à m’occuper, comme Directeur Général, du Centre Africain d’Etudes Supérieures en Gestion – le CESAG – à Dakar.

Cet établissement qui était en déliquescence avait été repris par la BCEAO pour le compte des pays de l’UEMOA.

Avec mes collaborateurs, nous avons pu le relever pour en faire un centre d’excellence et une référence au niveau du continent africain.

 

Après la BCEAO

En juillet 2002, dans le cadre de la politique de décentralisation initiée par le Gouvernement ivoirien, j’ai été élu Président du Conseil Général de Toumodi.

Cette activité de structuration d’un espace et de services de proximité à des populations rurales fut pour moi passionnante et enrichissante.

En décembre 2011, j’ai été nommé, pour compter du 1er janvier 2012, par la Conférence des Chefs d’Etat, Secrétaire Exécutif du Conseil de l’Entente, la plus ancienne organisation intergouvernementale de coopération en Afrique de l’Ouest créée en 1959 et qui regroupe 5 pays : le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Togo.

C’est ce groupe pionnier qui a créé ou impulsé la création d’organisations spécialisées : l’UMOA en 1962, la CEDEAO en 1975, l’UEMOA en 1994, entre autres.

Son objectif est la recherche de la sécurité, la paix en vue du développement.

 

culture benin

culture burkina

culture cotedivoire

culture niger

culture togo